Mélissa Restous, le blog

02 décembre 2018

La bêta-lecture

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Il me semble avoir déjà brièvement évoqué la bêta-lecture mais c'est un sujet qui mérite un traitement un peu plus détaillé que quelques lignes d'un article.

Mais avant d'en parler, il faut d'abord expliquer ce que c'est. En règle générale, la bêta-lecture intervient dans la phase finale de la rédaction d'un texte. Il s'agit de le faire lire et corriger par quelqu'un de confiance (que l'on connaît ou non), avec des objectifs plus ou moins précis, pour savoir ce qu'il faut modifier, améliorer ou corriger dans un document que l'on croyait quasi parfait. Ce n'est pas toujours facile de les dénicher. Parfois, des proches capables d'avoir un regard critique sur un texte se proposent. Pour ma part, je fais souvent des appels au peuple sur les réseaux sociaux.

Souvent, les jeunes auteurs (par la pratique, non par l'âge, bien sûr) font l'erreur de croire que leur roman, nouvelle ou autre, est arrivé à maturité après un bon nombre de relectures et de corrections et estiment que leur travail est bon pour partir chez les éditeurs ou être autoédité. J'ai moi-même fait cette erreur, avant de découvrir les bénéfices de la bêta-lecture.

Il ne faut pas oublier que le but ultime pour la majorité des artistes est de proposer à un public ce qu'ils produisent. Tout travail artistique finit par échapper à son auteur. La bêta-lecture, c'est une forme de phase test pour un travail et permet de prendre la température quant à la réception que pourrait susciter ce même travail.

Aujourd'hui, je n'envisage pas une seule seconde de proposer un texte qui n'est pas passé en phase de bêta-lecture. Non seulement, ça permet de corriger les dernières fautes d'orthographe qui se cachent dans un tapuscrit (et elles sont très sournoises!) mais aussi de cibler certains défauts ou de mettre en évidence des incohérences, aussi bien au niveau de l'intrigue que du contexte, par exemple. Toutefois, toute bêta-lecture n'est pas à prendre au pied de la lettre. En tant qu'auteur, il faut être capable d'avoir suffisamment de recul sur son texte pour juger de la qualité et de la pertinence des remarques: tout ce que dit le bêta-lecteur n'est pas parole d'évangile. Dans L'Inconsolé, Louise est une jeune femme au physique stéréotypé (taille mince, épaules et hanches plus généreuses. C'est un 8, comme dirait Christina) qui correspond aux critères de beauté du milieu du XIXème siècle. Une de mes bêta-lectrices m'a reproché son aspect de sablier, sans vraiment s'interroger sur ce que cette description disait du personnage. Je ne l'ai pas décrite ainsi parce que ça m'amusait mais parce que ce physique est symptomatique du rôle attribué aux femmes à cette époque. Donc j'ai laissé de côté sa remarque.

D'ailleurs, si c'est possible, je préfère avoir plusieurs bêta-lectures d'un même texte. Cela permet de recouper les remarques et de mettre en évidence ce qui pose réellement problème. Parce que la subjectivité de celui ou celle qui bêta-lit un document n'est pas à ignorer.

C'est aussi pour cela que je suis moi-même bêta-lectrice, quand mon emploi du temps me le permet. Non seulement, c'est une manière d'aider un.e collègue auteur.e mais cela questionne aussi l'écriture en général. A travers le texte de quelqu'un d'autre, on peut tout à fait s'interroger sur sa propre façon d'écrire. Il m'est déjà arrivé de souligner un point dans un texte que je corrigeais et de me rendre compte que j'avais le même problème.

 

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02 novembre 2018

Les livres qui m'ont marquée (épisode 2)

Dans l'article précédent, j'ai évoqué les livres qui ont jalonné ma scolarité (même si tous n'ont pas été imposés par mes professeurs, ils m'ont accompagnée d'une façon ou d'une autre pendant mes études.) Il est maintenant temps d'évoquer ceux découverts dans ma vie d'adulte ! Même si, pour être honnête, ils n'ont pas eu un impact aussi fort que les neuf premiers.

 

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Le page turner absolu : La Vérité sur l'affaire Harry Québert de Joël Dicker

Je me demande si Joël Dicker a des pouvoirs magiques qu'il dilue dans les pages de ses romans. Celui-ci en particulier. Si on considère l'histoire de ce livre, elle est plutôt convenue, limite un peu cliché, le genre qui me fait hurler en temps normal. Mais l'auteur s'arrange pour se sortir de l'attendu et créer un besoin irrépressible de savoir la suite. Résultat, je n'ai pas lâché mon bouquin de tout un week-end, ce qui ne m'était pas arrivé depuis que j'ai le wifi sur mon ordinateur (eh oui, internet est un fléau qui détourne de la lecture!) C'est le genre de roman dont on sort avec la gueule de bois d'avoir trop lu et avec le sentiment de ne rien pouvoir entamer ensuite.

 

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Le nouvel évangile : Le Dernier testament de Ben Zion Avrohom de James Grey

De prime abord, c'est une lecture qui peut rebuter. Je suis moi-même restée perplexe pendant un bon tiers du livre, à ne pas trop savoir si je devais continuer dans ma lecture ou non. Le texte se présente sous la forme de témoignages recueillis à propos de Ben Zion Avrohom, sorte de nouveau messie, pour former un nouveau fragment de Bible et le style oral est déroutant. Mais une fois ce cap passé, le fond du texte propose une lecture de la religion qui m'a passionnée, notamment à propos de la foi, de la Bible et de l'amour.

Petits extraits : « La Bible a été écrite il y a deux mille ans. Le monde est différent aujourd'hui. Les histoires qui avaient du sens alors n'ont plus de sens aujourd'hui. Les croyances qui pouvaient être fondées alors ne sont plus fondées aujourd'hui. Il faudrait considérer ces livres de la même manière que nous considérons tout ce qui est de la même époque, en reconnaissant leur importance historique, mais sans leur accorder la moindre valeur. » ou encore celle-ci, que j'aime beaucoup : « La foi est l'excuse des imbéciles. […] La foi est ce que tu utilises pour opprimer , pour nier, pour justifier, pour juger au nom de Dieu. La foi est ce qui a été utilisé comme moyen de rationaliser le mal plus que toute chose au cours de l'Histoire. S'il y avait un diable, la foi serait sa plus belle invention. Faire croire aux gens ce qui n'existe pas, et leur faire utiliser cette croyance pour détruire tout ce qui a de la valeur dans le monde. Leur faire gober l'idée d'une chose fausse, et utiliser cette idée pour créer le conflit, la violence et la mort. »

 

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La dolce vita : Call me by your name d'André Aciman

Roman découvert juste avant la sortie au cinéma de son adaptation et je l'ai dégusté autour du jour de l'an, en plein milieu de l'hiver. Et c'était tellement chouette de vivre par procuration un été italien, plein de douceur. Beaucoup reprochent au roman sa lenteur, à cause des atermoiements d'Elio, le narrateur, et en temps normal, j'aurais râlé avec eux. Et étrangement, c'est ce qui m'a plu, parce que j'avais le temps d'apprécier la résonance des pages que je lisais. Si on regarde la montagne de livres que j'ai lus (quelques centaines), il y en a peu qui m'ont vraiment touchée, et Call me by your name en fait partie. Pourtant, il est loin d'être parfait, je n'aime pas du tout la fin, trop tranchée avec la langueur du roman. Mais il a ce truc qui accroche, comme quand on regarde une personne pas vraiment belle mais charismatique. C'est un peu le Cillian Murphy de la littérature.

 

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La mythologie poétique : Le Chant d'Achille de Madeline Miller

Ce texte propose de nous conter l'histoire d'Achille à travers les yeux de Patrocle et c'est un petit bijou. Non seulement, c'est plus fidèle au mythe qui fait d'eux un couple mais c'est admirablement écrit. L'auteure tisse les liens qui unissent les deux personnages avec délicatesse et fait de Patrocle un être consistant, et non plus une vague silhouette, prétexte du combat entre Hector et Achille.

Bref, c'est un livre que j'aime tellement que je l'offre très souvent, pour distribuer un peu de beauté dans ce monde.

 

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L'entrée dans la fantasy : Légende de David Gemmell

Avant d'ouvrir ce roman, mon expérience de ce genre se résumait au visionnage de Willow et du Seigneur des Anneaux. Et puis un jour, je suis allée à la bibliothèque municipale de ma ville et j'ai pris un livre avec une hache sur la couverture en me disant « Cool, une hache » (Je suis très basique). Sous la plume de David Gemmell, j'ai découvert de nouvelles épopées dans des mondes imaginaires magnifiquement construits, avec des héros plein de failles et des scènes de bataille d'anthologie. La porte d'un nouveau genre s'est ouverte devant moi et pendant quelques années, je me suis régalée de ses sagas, dont les meilleures restent Le Lion de Macédoine et Troie.

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La perfection de la simplicité : En l'absence des hommes de Philippe Besson

S'il y a une chose que j'admire chez mes écrivains préférés, c'est leur capacité à faire du beau simplement, sans grands effets de style ou de fioritures. Et à mes yeux, Philippe Besson est un spécialiste. J'ai pu m'en rendre compte en lisant En l'absence des hommes, histoire d'un adolescent désœuvré, partagé entre deux relations naissantes, l'une avec Proust, l'autre avec le fils de sa concierge. Le récit pourrait presque être banal mais la façon de l'aborder est inhabituelle, avec l'usage du « tu » et du « vous », comme si le personnage s'adressait directement à ses deux amis et que le lecteur recevait des mots qui ne lui étaient pas destinés. Et puis, je trouve que Philippe Besson possède un style très délicat et sensuel : « Nous nous faisons face. Les visages se frôlent. Il faut imaginer cette magnifique insanité de deux visages d'hommes, si proches l'un de l'autre, cette sensualité énorme. Le baiser est une déduction de cette proximité. Quand les bouches se prennent, la souffrance semble s'effacer, disparaître. »

Et comme je suis obsessionnelle, je me suis procuré une bonne partie de ses romans et à chaque fois, je suis sous le charme. Ma vulgarité refait alors surface et je me dis « Putain, c'est beau. »

Quand je regarde les titres qui émaillent ma bibliothèque, je me dis que je n'ai pas évoqué des tas d'auteurs. En général, si un livre se trouve sur mon étagère, c'est que je l'aime. Mais il faut bien faire un choix !

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02 octobre 2018

Movies vs Life

Quand on évoque un écrivain, on imagine bien souvent un être intelligent, cultivé et beau gosse. Et généralement, cette impression sort tout droit d'un film qui a besoin d'idéaliser ou de glamouriser l'auteur (qui est en réalité une personne comme une autre). Je me suis donc amusée à opposer la vie d'un auteur telle qu'on la représente dans la fiction ou dans notre imaginaire collectif avec mon quotidien:

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Movies : Terrasse ensoleillée d'une villa construite au bord de la Méditerranée. l'écrivain tapote sur son clavier (ou sa machine à écrire!), cigarette au coin du bec, des tasses de café s'accumulent sur son bureau. Il était bloqué mais maintenant, les mots coulent de façon fluide jusqu'à ce qu'il écrive "FIN" après deux heures de travail.

Life : Mon bureau en bordel, collé au mur, vue sur une bibliothèque. Ma concentration est à pleurer. J'ouvre et je ferme cinquante fois le fichier sur lequel je travaille depuis huit mois. J'ajoute un mot et j'enlève un point. Je mange du chocolat pour fêter mon avancée spectaculaire. Et puis je vais checker s'il n'y a pas une nouvelle actualité sur les réseaux sociaux. 

Movies : Premier envoi à la maison d'édition qui détient le monopole des publications de best sellers, premier succès. Signature du contrat avec coupette de champagne.

Life : Lettre de refus type de toutes les grandes maisons d'édition mais signature d'un contrat avec une petite structure. Je trinque avec moi-même au jus d'orange.

Movies : Ah c'est vous le grand écrivain? A quand le prochain roman ? J'adore ce que vous faites !

Life : Et sinon, tu fais quoi dans la vie ? Ou la remarque de la part d'un élève qui m'a bien fait rire : Les profs, ce sont des écrivains ratés, non ?

Movies : Matinée conférence de presse, interview télévisée le midi et cocktail en soirée.

Life : Boulot, boulot et soirée pyjama/chaussettes en moumoute devant Netflix.

Movies : Artiste maudit, mais au talent précoce, l'écrivain connaît une gloire fulgurante avant de tomber dans la déchéance la plus totale. Sa malédiction nourrit son oeuvre et on peut y ajouter une love story tragique pour plus de piment.

Life : Je suis comme tout le monde, j'ai une vie un peu chiante, pas franchement inspirante dans ce que j'écris, mais j'en suis parfaitement satisfaite.

 Et vous ? Plutôt movies ou life ?

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02 septembre 2018

Théoriser l'écriture

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Grâce à internet, les blogs et autres sites se développent par centaines et pour ceux qui s’intéressent à l’écriture, c’est une mine d’informations inépuisable. Moi-même, j’erre souvent sur ces pages pleines de (bons ?) conseils mais je dois avouer que je ne les applique pas toujours. La plupart du temps, je ne les comprends même pas ! Je ne parle pas des règles d’écriture évidentes qui permettent d’avoir un texte potable, comme tout ce qui concerne les dialogues, la description, la caractérisation des personnages, la cohérence, etc. Des choses simples et concrètes, faciles à essayer et à adopter. Non, je veux évoquer les conseils vaseux qui ressemblent à des lois incontournables et dont la compréhension de l’intitulé est déjà un grand moment de bravoure. Show, don’t tell (j'ai toujours du mal à savoir où s'arrête l'un et commence l'autre, ce qui me pousse parfois à me restreindre inutilement dans l'écriture). Trouver son style (comme si on savait vraiment identifier notre style. Ou celui qu'on a copié plus ou moins consciemment sur un autre auteur),...

Et puis, certaines théories n’appartiennent qu’à leur auteur et je trouve assez malhonnête de leur part de faire croire qu’il s’agit d’une vérité absolue. Dernier exemple en date sur un site dont je tairais le nom : « Non aux fins ouvertes. » Selon l’auteur de cet article, ce ne serait pas professionnel de laisser le lecteur dans le flou parce que c’est à l’écrivain de terminer son roman et pas à son lecteur*. J’entends bien cet argument mais il appartient à un jugement personnel. A partir du moment où l'auteur maîtrise le schéma narratif, il a tout à fait le droit de le respecter à la lettre ou de le manipuler pour offrir une structure différente. D'ailleurs, en tant que lectrice, les fins ouvertes sont celles que je préfère parce que c'est plus agréable d'être dans le flou qu’être déçue par le chemin pris par l’auteur (et je peux vous donner des tas d'exemples de fins non ouvertes qui m'ont fait regretter de les avoir lues. Je ne vise pas du tout Harry Potter 7...)

J’ai du mal à concevoir que l’on puisse théoriser l’écriture. Quand je vois tous les livres ou les sites qui proposent à ses lecteurs de devenir écrivain comme s’il s’agissait d’une simple formalité, ça me laisse perplexe. J’ai l’impression que ça nie les efforts et le travail de ceux qui veulent vraiment écrire et que ça jette de la poudre aux yeux de ceux qui pensent que l’écriture est une activité facile où il suffit de suivre certaines règles pour y exceller. Alors qu’en réalité, il s’agit de créer de l’émotion. Et pour expliquer cela, il n’y a pas de manuels. L’écriture n’est pas une science exacte et on ne peut pas théoriser la façon de faire rire ou pleurer un lecteur.

 

* Petit P.S d'après expérience personnelle. J'adore écrire des fins ouvertes et non, contrairement à ce que pensent certains, ce n'est pas de la flemme . Je sais ce que deviennent mes personnages, je n'ai juste pas envie de donner l'information au lecteur, qui a le droit de se faire sa propre histoire. C'est une manière de laisser vivre le roman au-delà de ce qu'il est déjà.

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02 août 2018

De l'importance de l'incipit

Il y a quelques temps, j'ai écrit quelques articles pour Le Renard Loquace et je me permets de les republier ici (avec quelques modifications)

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L’Incipit… Un terme tout droit sorti d’un manuel de français, auquel vous n’avez sans doute pas prêté attention durant vos études, mais qui n’est pas dénué d’intérêt pour autant.

Incipit est un mot latin qui signifie « commencer » et il s’agit de LA première phrase d’un roman, ou à la limite, des premières lignes. Et sa fonction est primordiale : accrocher le lecteur. Car le lecteur est un être frivole et inconstant ; un consommateur comme un autre qui va impitoyablement rejeter votre œuvre s’il n’est pas emballé par les premières lignes de votre prose. C’est pourquoi il est impératif de soigner un incipit. C’est la carte de visite de votre manuscrit. Et malgré tout votre talent, en rater le début serait comme vous tirer une balle dans le pied.

Voici un petit florilège d’incipits tirés d’œuvres majeures de la littérature. Et vous remarquerez que certains d’entre eux sont passés à la postérité.

- « C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier » Orgueil et Préjugés, Jane Austen

- « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » Du côté de chez Swann, Proust

- « Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe ? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien. » Jacques le Fataliste, Diderot

- « Dans un trou vivait un hobbit », Le Hobbit, J.R.R Tolkien

- « Aujourd’hui, Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » L’Etranger, Camus

 

Et vous, quel est le vôtre ?

 

Bonus, voici les incipits de mes textes , publiés ou encore dans les tiroirs (et soyons honnêtes, je ne pense pas qu'ils passeront à la postérité!) :

Dix Avril

« Le jeune homme avançait dans une rue déserte et sombre, les mains enfoncées dans les poches de son jeans. »

L'Inconsolé :

« Sacha referma le roman qu'il venait de terminer et le jeta sur un guéridon avec un soupir agacé. Il avait perdu un temps précieux à lire les niaiseries de George Sand. »

Iokanaan :

« Le jour commençait à décliner et une brise tiède chargée d’effluves floraux glissait sur les bras nus des étudiants. »

L'Empyrée :

« — C’est donc toi, le neveu ? demanda le jardinier. »

Contralto :

« Les semelles alourdies par la terre collante, ils avançaient prudemment, pliés en deux pour ne pas se faire repérer. »

Ce monde-ci et l'autre

« Parfaitement conscient des regards intrigués qui pesaient sur lui, Lisandre déambulait entre les invités. »

 

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26 juillet 2018

L'Empyrée - le casting idéal

Pour signer mon retour sur ce blog à l'abandon, quoi de mieux qu'un nouveau casting idéal ? Cette fois, c'est au tour de l'Empyrée de passer la difficile épreuve du casting ! Je pense avoir très bientôt l'occasion de vous reparler de ce texte qui se déroule au début du XXème siècle, dans une grande demeure bourgeoise. Dans l'esprit de Gosford Park ou Downton Abbey, on y suit les pas des maîtres et des domestiques qui doivent faire face à des événements étranges, notamment un meurtre.

Kieren Lloyd : l'histoire s'ouvre sur son arrivée à L'Empyrée où il va travailler comme domestique. Au début du récit, en 1908, il s'agit d'un adolescent maigrichon. Une cicatrice barre son visage depuis la tempe jusqu'au menton. Il est blond, a les cheveux coupés ras et des yeux en amande très clairs. A mesure que le temps s'écoule, il va s'étoffer mais garder des traits anguleux. Alexander Becht, un acteur allemand, serait parfait dans le rôle de ce mystérieux garçon.

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Dante Le Bellenger : il s'agit du fils unique de la famille Le Bellenger, les propriétaires de L'Empyrée. C'est un jeune homme au physique agréable, d'assez grande taille, très brun aux yeux bleus. Mais son charme naturel cache bien des choses... Une de mes inspirations pour lui a été ce portrait de Cocteau par Jacques Emile Blanche

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Raphaël Demassieux : c'est le jardinier de l'Empyrée, le seul qui éprouve un peu de sympathie pour Kieren à son arrivée. Il est un peu plus âgé que les deux garçons précédents. C'est un jeune homme brun, aux yeux noisette, plutôt grand et costaud mais qui a gardé un visage poupon et rond. Mais surtout, il a un magnifique sourire, comme Jai Courtney (un acteur australien).

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Dans les rôles secondaires, que je ne vais pas tous énoncer, il y a :

Viviane Clément : c'est une veuve, voisine des Le Bellenger. Encore jeune, elle cherche à s'épanouir et à trouver sa place. C'est une femme ronde, aux cheveux roux. La magnifique Christina Hendricks serait parfaite dans le rôle :

 

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22 juillet 2018

Reading Challenge 2018

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Comme toujours, merci au site Popsugar qui publie tous les ans un Reading Challenge que je leur emprunte ensuite.

- un livre dont j'ai déjà vu l'adaptation : Extrêmement fort et incroyablement près, J.Safran Foer

- Le prochain tome d'une série que j'ai commencée : Autre Monde T3, Le Coeur de la terre, M. Chattam

- un livre contenant un braquage : J'étais un chef de gang, L. Madzou

- un polar nordique :

- une biographie : Henri III, Solnon

- un roman situé dans un pays qui me fascine : "Brokeback Mountain", A. Proulx

- un roman dont le titre contient un moment de la journée : Maintenant, A. Cravan

- un roman à propos d'un méchant ou d'un antihéros : Un Instant d'abandon, P. Besson

- un livre à propos de la mort ou du chagrin : Son frère, P. Besson

- un livre d'une femme utilisant un pseudonyme d'homme : Guyliner

- un roman dont un protagoniste est LGBT+ : Le Secret de Tristan Sadler, J. Boyne

- un livre qui est aussi une pièce ou une comédie musicale : L'importance d'être constant, O.Wilde

- un livre à propos de la santé mentale : 10 jours dans un asile, N. Bly

- un livre que j'ai emprunté ou qui m'a été offert : "Mon cher petit Lou", G. Apollinaire

- un livre écrit par deux auteurs : Will Grayson, Will Grayson, J.Green et D.Levithan

- un livre à propos de sport : Wild Heart, Lily Haimes

- un livre d'un auteur "du coin" : Entropia, Autre Monde T4, Maxime Chattam

- un livre contenant ma couleur préférée dans le titre : La Lettre écarlate, Hawthorne

- un livre à propos d'un voyage temporel : Lettres à l'ado que j'ai été

- un livre dont le titre mentionne un élément climatique : Neige, M.Firmine

- un livre se déroulant à la mer : Call me by your name, A.Aciman

- un livre dont le titre contient des paroles de chanson : Sweet sixteen, A. Heurtier

- un livre à propos ou se déroulant vers Halloween : Le Portrait du mal, G. Masterton

- un livre dont les personnages sont jumeaux :

- un livre mentionné dans un autre livre : Frankenstein, M. Shelley

- un classique pour enfants que je n'ai jamais lu : Sa majesté des mouches, W.Golding

- un livre publié en 2018 : Philippe d'Orléans, Frère de Louis XIV, E. Lurgo

- un livre publié dans les années 1980 : Les Bûchers de Sodome, M.Lever

- un livre à la couverture affreuse : Les Thibault, T1, R. Martin du Gard

- un livre évoquant une bibliothèque ou une librairie : Le Prisonnier du ciel, C.R.Zafon

- un best seller de l'année 2012 :

- un livre que je voulais lire en 2017 (mais que je n'ai pas lu) : Compartiments tueurs, S. Japrisot

 

Bonus et inclassables :

 

Oscar Wilde, In Memoriam, A.Gide

La Peur, G.Chevallier

Cupidon mortel, T.Andrew

Des jours sans fin, S.Barry

Geisha, A.Golden

Stranger than fiction, C.Colfer

La Fabrique de violence, J. Guillou

Le Coma des mortels, M. Chattam

Inconnu à cette adresse, K. Taylor

L'Ami retrouvé, F. Uhlman

Le Lion et son ombre, C. Isherwood

La Mort est mon métier, R. Merle

Art, Yasmina Reza

J'étais médecin dans les tranchées, Louis Maufrais

La Promesse de l'aube, R. Gary

Le Chemin des âmes, J. Boyden

Boy meets boy, D. Levithan

Frankenstein, R. Florescu et M. Cazacu

Absinthes et Démons, A. Dubois

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08 mai 2017

Les salons

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Cela fait un moment que j'ai envie d'écrire sur ma maigre expérience des salons (en tant qu'auteure, et non visiteur) mais j'étais partagée entre paresse et manque d'inspiration alors j'ai laissé ce projet d'article en suspens. Je profite du souvenir tout frais du salon du fantastique de Paris pour vous faire profiter de mes impressions.

Un salon, c'est :

- de longs moments passés à observer les gens qui déambulent et à avoir mal au dos/aux fesses/aux jambes, trop chaud/trop froid

- se nourrir de sandwiches et de gâteaux au chocolat, voire se droguer à la caféine pour certains

- des crises de panique quand on pense que parfois, il faut parler aux personnes qui s'arrêtent devant nous.

- des instants de frustration quand on voit un client potentiel prendre son livre, lire la quatrième et... le reposer avant de partir.

- une petite victoire quand le même client potentiel prend le livre et le fait dédicacer.

- la terreur de faire une faute d'orthographe ou de se tromper de nom dans la dédicace.

- beaucoup de bonne humeur quand on a la chance d'être avec une équipe sympathique

- la chance de découvrir d'autres auteurs, de voir en chair et en os des écrivains que l'on apprécie (mais pas leur parler, cf le point 3)

Mais pour moi, le top du top, c'est la lectrice qui vient me voir pour me dire qu'elle a adoré ce que j'ai écrit. Et dans la vie d'un petit auteur, ce genre de remarque est très gratifiant et cela fait oublier que le salon n'est pas forcément idyllique.

Si jamais vous me croisez dans un salon, n'hésitez pas à venir discuter, c'est toujours un plaisir ! (et si vous êtes timide, n'oubliez pas que j'ai encore plus peur que vous!)

 

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07 mars 2017

Challenge auteur de Mars

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A l'initiative de Marie Tinet, voici un challenge d'écriture pour le mois de mars. ça tombe bien, j'essaie de me remettre à l'écriture ! (Vous pourrez suivre mes progrès sur Twitter grâce au #ChallengeAuteur)

La liste des 30 points :

  1. Ecrire avec quelque chose de volumineux sur la tête 
  2. Encourager un auteur en perte de motivation/d’inspiration à participer au #ChallengeAuteur
  3. Ce que vous écrivez vous inspire un autre texte
  4. Pleurer en écrivant une scène 
  5. Placer un mot commençant par W, X, Y ou Z
  6. Manger quelque chose à base de fruit en écrivant 
  7. Etre dérangé par quelque chose ou quelqu’un en écrivant 
  8. Ecrire via une reconnaissance vocale 
  9. Ecrire une histoire spécifiquement pour quelqu’un et lui offrir
  10. Il pleut dans votre scène alors qu’il fait soleil dehors
  11. Ecrire en pyjama 
  12. S’inspirer d’un fait réel 
  13. Utiliser un mot farfelu de votre choix dans un de vos textes
  14. S’inspirer d’une photographie 
  15. Répondre à un appel à textes 
  16. Un personnage à vos initiales
  17. Ecrire en écoutant de la musique 
  18. Tuer un personnage 
  19. Dessiner l’un de vos personnages 
  20. Ecrire de nuit
  21. Le titre de l’histoire que vous écrivez ne comporte pas la lettre E
  22. Ecrire quelque chose de personnel
  23. Ecrire au stylo rouge un texte de fiction
  24. Commencer et finir un paragraphe par la même lettre
  25. Un personnage porte du bleu
  26. Un personnage a un de vos défauts 
  27. Ecrire un passage sur le thème de la nature
  28. Ecrire un dialogue déjanté
  29. Ecrire une micro-nouvelle de moins de 600 signes espaces comprises
  30. Faire référence dans votre texte à une œuvre que vous adorez

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10 février 2017

Iokanaan à Kitsunegari éditions

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L'histoire : Paris, fin du XIXème siècle. De jeunes et beaux garçons sont assassinés en toute impunité. Esaias Fersen, journaliste pour La Presse, et amateur d’histoires sordides, se lance dans une enquête qui ne semble intéresser personne.
En rentrant chez lui, Théophile Auvay, artiste-peintre, découvre sur le pas de sa porte un homme blessé : il se fait appeler Iokanaan, possède la beauté du Diable et serait un meurtrier. Théophile devrait le laisser mourir, il fera pourtant tout pour le sauver, quitte à mettre sa propre vie en danger.

La sortie est prévue pour le mois de mai, les précommandes sont déjà ouvertes pour les intéressé(e)s, il suffit de cliquer ici

Posté par KojimaEmi à 16:51 - - Commentaires [4] - Permalien [#]