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Je viens de la découvrir... Elle est là, devant moi, et je ne sais pas quoi en faire... Je la lis plusieurs fois et plus je la relis, plus je me vexe... D'ailleurs, j'ai chaud et mes joues deviennent de plus en plus rouges. A travers mon texte, j'ai l'impression que je suis particulièrement visée. Parce que s'il est considéré comme étant mauvais, alors moi aussi, je suis mauvaise... Je me monte la tête, je m'énerve mais au fond, c'est parce que, fondée ou non, cette critique est en partie blessante. J'ai beau être une personne des plus raisonnables, je suis incapable de relativiser quand je découvre que mon travail ne plaît pas. Réminiscence de l'école ? Sans aucun doute. La mauvaise critique qui s'étale devant moi est aussi dure à encaisser que la mauvaise note tendue par un professeur à la moue déçue.

Je crois qu'on a tous vécu un moment pareil, non ? Ce n'est jamais très agréable mais il paraît que ça nous rend plus forts. Certes, c'est un poncif mais quand je ne suis pas trop vexée pour le croire, je suis capable de l'admettre. Tout dépend du type de critique.

Quand je me fais descendre ou encenser, je ne demande pas une argumentation construite avec introduction, développement comprenant arguments, exemples et conclusion. Je veux juste que l'auteur de la critique sache faire la différence entre "c'est nul" et "je n'ai pas aimé". C'est peut-être un détail mais pour mon égo d'auteur, la différence est essentielle. Alors que le premier tente de persuader par des arguments discutables et non valables, le deuxième essaie de convaincre en amenant une argumentation cohérente pour s'expliquer. Persuader et convaincre... Deux gros mots qui rappellent des mauvais souvenirs de cours de français. Une argumentation basée sur un sentiment n'a jamais été aussi efficace que celle construite par la raison. Si on m'explique qu'on ne s'attache pas à mes personnages parce qu'ils sont superficiels, je m'interroge et j'en tiens compte dans mes autres productions. En revanche, il m'est arrivé deux fois qu'une critique condescendante me fasse passer gratuitement pour quelqu'un de stupide et là, je dois avouer que je suis moins ouverte d'esprit. Parce que c'est juste décourageant.

Je ne suis pourtant pas irréprochable en matière de mauvaise foi, puisque je tiens un blog de cinéma et il m'est déjà arrivé de pourrir un film sans raison valable. Mais depuis peu, j'essaie de nuancer mes propos et de relever aussi bien des points positifs que négatifs pour ne pas tomber dans un lynchage en règle. Comme on dit, "ne fais pas aux autres ce que tu n'aimerais pas qu'ils te fassent".