compile_réponses_éditeurs

Il y en a des courtes, des longues, des sympathiques, des sèches, des vexantes et même des invisibles... Certaines laissent penser qu'il y a de l'espoir, tandis que d'autres plongent dans un abîme de découragement. Une chose est sûre, tout auteur passe un jour par cette case et malgré la déception, il faut prendre ces refus avec philosophie et essayer de comprendre pourquoi le texte n'est pas accepté. Parfois, c'est parce qu'il manque encore de travail, d'autres fois, il n'accroche pas le comité de lecture. Peut-être qu'il ne correspond pas à la ligne éditoriale de la maison d'édition (c'est d'ailleurs pour cela qu'il faut bien faire ses recherches avant de faire un envoi). Bref, un refus devrait être un moteur qui apporte de la motivation et non un frein (même si l'égo en prend un coup au passage. Après tout, on est humains).

Voici un petit florilège de mes refus:

- Le plus vexant : le vent. Il arrive que certains éditeurs ne répondent pas, estimant qu'un long silence a valeur de refus. Cela peut se comprendre s'ils sont surchargés et qu'ils reçoivent des centaines de manuscrits mais ça reste un peu désagréable. ça me donne l'impression de n'être pas assez importante pour qu'on se donne la peine de me répondre, même par une lettre type.

- Le plus étrange : la lettre type reçue un jour férié ou un dimanche. Souvent, il s'agit d'un mail contenant la formule consacrée "nous avons bien reçu votre manuscrit et nous vous remercions de votre confiance. Malheureusement,..." et la question qui se pose est :" mais qui a bien pu me l'envoyer?"

- Le plus classique : la lettre type envoyée par la poste. Avec, elle aussi, la formule magique : "Malheureusement, votre texte, en dépit de sa qualité, ne correspond pas à la ligne éditoriale"

- Le plus efficace : le mail de trois lignes manquant de tact, très sec et involontairement drôle. "Bonjour, Notre comité de lecture n'a pas été sensible à votre manuscrit. Nous vous souhaitons une bonne continuation."

- Le plus touchant : mon premier refus, je l'ai reçu de "Je Bouquine" (Bayard) quand j'avais 15 ou 16 ans. C'est une lettre manuscrite (c'est suffisamment rare pour être noté) qui souligne la confusion du texte à cause du format très court mais la seule phrase que j'ai retenue reste "Votre style ne manque pas d'élégance". Preuve qu'une lettre de refus n'est pas toujours synonyme d'échec mais il faut avouer que ce genre de courrier est extrêmement rare.

- Le plus frustrant : "on a beaucoup aimé mais..." Celui-là vient d'un appel à textes et répond à la loi des concours. Le texte est bon, mais les autres sont meilleurs.

- Le plus constructif : le long mail qui explique ce qui cloche. C'est assez rare, autant le savoir, mais ça existe et c'est très encourageant parce que c'est un professionnel qui pointe les qualités et les défauts d'écriture. Et c'est ainsi que l'auteur peut progresser.

Il paraît que le top de la lettre de refus est celle des éditions Le Dilettante mais je n'ai jamais tenté le coup. Si vous voulez savoir ce que ça donne, allez lire cet article de l'auteure Joanne Richoux qui vous explique tout dans le détail!

Bilan de tout cela : un refus ne doit pas être la cause d'un abandon de l'écriture. Il faut voir cela comme une étape permettant de s'améliorer ou un simple contretemps.