Il y a quelques temps, j'ai écrit quelques articles pour Le Renard Loquace et je me permets de les republier ici (avec quelques modifications)

knowledge-1052010_1920

L’Incipit… Un terme tout droit sorti d’un manuel de français, auquel vous n’avez sans doute pas prêté attention durant vos études, mais qui n’est pas dénué d’intérêt pour autant.

Incipit est un mot latin qui signifie « commencer » et il s’agit de LA première phrase d’un roman, ou à la limite, des premières lignes. Et sa fonction est primordiale : accrocher le lecteur. Car le lecteur est un être frivole et inconstant ; un consommateur comme un autre qui va impitoyablement rejeter votre œuvre s’il n’est pas emballé par les premières lignes de votre prose. C’est pourquoi il est impératif de soigner un incipit. C’est la carte de visite de votre manuscrit. Et malgré tout votre talent, en rater le début serait comme vous tirer une balle dans le pied.

Voici un petit florilège d’incipits tirés d’œuvres majeures de la littérature. Et vous remarquerez que certains d’entre eux sont passés à la postérité.

- « C’est une vérité universellement reconnue qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier » Orgueil et Préjugés, Jane Austen

- « Longtemps, je me suis couché de bonne heure » Du côté de chez Swann, Proust

- « Comment s’étaient-ils rencontrés ? Par hasard, comme tout le monde. Comment s’appelaient-ils ? Que vous importe ? D’où venaient-ils ? Du lieu le plus prochain. Où allaient-ils ? Est-ce que l’on sait où l’on va ? Que disaient-ils ? Le maître ne disait rien. » Jacques le Fataliste, Diderot

- « Dans un trou vivait un hobbit », Le Hobbit, J.R.R Tolkien

- « Aujourd’hui, Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. » L’Etranger, Camus

 

Et vous, quel est le vôtre ?

 

Bonus, voici les incipits de mes textes , publiés ou encore dans les tiroirs (et soyons honnêtes, je ne pense pas qu'ils passeront à la postérité!) :

Dix Avril

« Le jeune homme avançait dans une rue déserte et sombre, les mains enfoncées dans les poches de son jeans. »

L'Inconsolé :

« Sacha referma le roman qu'il venait de terminer et le jeta sur un guéridon avec un soupir agacé. Il avait perdu un temps précieux à lire les niaiseries de George Sand. »

Iokanaan :

« Le jour commençait à décliner et une brise tiède chargée d’effluves floraux glissait sur les bras nus des étudiants. »

L'Empyrée :

« — C’est donc toi, le neveu ? demanda le jardinier. »

Contralto :

« Les semelles alourdies par la terre collante, ils avançaient prudemment, pliés en deux pour ne pas se faire repérer. »

Ce monde-ci et l'autre

« Parfaitement conscient des regards intrigués qui pesaient sur lui, Lisandre déambulait entre les invités. »