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Grâce à internet, les blogs et autres sites se développent par centaines et pour ceux qui s’intéressent à l’écriture, c’est une mine d’informations inépuisable. Moi-même, j’erre souvent sur ces pages pleines de (bons ?) conseils mais je dois avouer que je ne les applique pas toujours. La plupart du temps, je ne les comprends même pas ! Je ne parle pas des règles d’écriture évidentes qui permettent d’avoir un texte potable, comme tout ce qui concerne les dialogues, la description, la caractérisation des personnages, la cohérence, etc. Des choses simples et concrètes, faciles à essayer et à adopter. Non, je veux évoquer les conseils vaseux qui ressemblent à des lois incontournables et dont la compréhension de l’intitulé est déjà un grand moment de bravoure. Show, don’t tell (j'ai toujours du mal à savoir où s'arrête l'un et commence l'autre, ce qui me pousse parfois à me restreindre inutilement dans l'écriture). Trouver son style (comme si on savait vraiment identifier notre style. Ou celui qu'on a copié plus ou moins consciemment sur un autre auteur),...

Et puis, certaines théories n’appartiennent qu’à leur auteur et je trouve assez malhonnête de leur part de faire croire qu’il s’agit d’une vérité absolue. Dernier exemple en date sur un site dont je tairais le nom : « Non aux fins ouvertes. » Selon l’auteur de cet article, ce ne serait pas professionnel de laisser le lecteur dans le flou parce que c’est à l’écrivain de terminer son roman et pas à son lecteur*. J’entends bien cet argument mais il appartient à un jugement personnel. A partir du moment où l'auteur maîtrise le schéma narratif, il a tout à fait le droit de le respecter à la lettre ou de le manipuler pour offrir une structure différente. D'ailleurs, en tant que lectrice, les fins ouvertes sont celles que je préfère parce que c'est plus agréable d'être dans le flou qu’être déçue par le chemin pris par l’auteur (et je peux vous donner des tas d'exemples de fins non ouvertes qui m'ont fait regretter de les avoir lues. Je ne vise pas du tout Harry Potter 7...)

J’ai du mal à concevoir que l’on puisse théoriser l’écriture. Quand je vois tous les livres ou les sites qui proposent à ses lecteurs de devenir écrivain comme s’il s’agissait d’une simple formalité, ça me laisse perplexe. J’ai l’impression que ça nie les efforts et le travail de ceux qui veulent vraiment écrire et que ça jette de la poudre aux yeux de ceux qui pensent que l’écriture est une activité facile où il suffit de suivre certaines règles pour y exceller. Alors qu’en réalité, il s’agit de créer de l’émotion. Et pour expliquer cela, il n’y a pas de manuels. L’écriture n’est pas une science exacte et on ne peut pas théoriser la façon de faire rire ou pleurer un lecteur.

 

* Petit P.S d'après expérience personnelle. J'adore écrire des fins ouvertes et non, contrairement à ce que pensent certains, ce n'est pas de la flemme . Je sais ce que deviennent mes personnages, je n'ai juste pas envie de donner l'information au lecteur, qui a le droit de se faire sa propre histoire. C'est une manière de laisser vivre le roman au-delà de ce qu'il est déjà.